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HAS
HAUTE AUTORITE DE SANTE
POSE
D’UN
APPAREILLAGE EN PROPULSION MANDIBULAIRE
Pose
de prothèse pour syndromes d’apnées obstructives du sommeil
Classement CCAM :
11.05.02 - Code : LBLD017
JUILLET
2006
Service évaluation des
actes professionnels
2
avenue du Stade de France – 93218 Saint-Denis La Plaine CEDEX – Tél. :
01 55 93 70 00 – Fax : 01 55 93 74 0
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N° SIRET : 180 092 041 00011 – Code APE : 751 C
L’ÉQUIPE
Ce dossier
a été réalisé par le Dr Françoise SAINT-PIERRE, chef de projet, au service
évaluation des actes professionnels.
La
recherche documentaire a été effectuée par Mme Gaëlle FLANELLE,
documentaliste, avec l'aide de Mme Julie MOSHI sous la direction du Dr
Frédérique PAGES, docteur ès sciences.
L’organisation de la réunion et le secrétariat ont été réalisés par Félix
MULLER.
___________________________________________________________
Pour tout
contact au sujet de ce dossier :
Tél. : 01
55 93 71 12
Fax : 01
55 93 74 35
E-mail :
contact.seap@has-sante.fr
Service
évaluation des actes professionnels
Chef de
service, Dr Sun Hae Lee-Robin
Adjoint au
chef de service, Dr Denis Jean David, docteur ès sciences
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SYNTHÈSE
INTRODUCTION
Le SAOS
(syndrome des apnées obstructives du sommeil) est défini par la survenue,
durant le sommeil, d’épisodes anormalement fréquents d’obstruction
complète ou partielle des voies aériennes supérieures, responsables
d’interruptions (apnées) ou de réductions significatives (d'hypopnées) de
la ventilation, et associés à des manifestations cliniques le plus souvent
dominées par une somnolence diurne excessive avec parfois des
endormissements incoercibles.
Selon le
nombre d’apnées ou d'd'hypopnées observées lors d’un enregistrement
polysomnographique, par heure de sommeil (IAH), le SAOS peut être
considéré comme sévère (IAH > 30), modéré (IAH : 16 - 30) ou léger (IAH :
5 - 15).
L’objectif
du traitement est d’obtenir une correction voire normalisation des index
IAH (< 5) et micro- éveils (< 10) avec une amélioration des troubles de la
vigilance.
L’avancée
mandibulaire produit un double effet thérapeutique :
-
augmentation du calibre des voies aériennes supérieures notamment au
niveau de l’oropharynx ;
-
diminution de la collapsabilité des voies aériennes supérieures.
Il existe
2 types d’orthèses d’avancée mandibulaire : les orthèses sur mesure
monobloc ou bibloc.
On entend
par bibloc, des appareils disposant d’une gouttière maxillaire (ou autre
type d’ancrage), d’une gouttière mandibulaire, et d’un système de liaison.
Le matériau utilisé peut être souple ou rigide.
Les
résultats d’études épidémiologiques américaines et anglaises mettent en
évidence une fréquence du SAOS dans la population masculine de 1 à 4 %
selon le degré de gravité, avec une prévalence moindre chez la femme.
Quand l’index IAH est _ 5 avec somnolence diurne, 4 % d’hommes et 2 % de
femmes sont concernés.
L’acte n’a
pas été identifié dans les nomenclatures française et étrangères
consultées.
MÉTHODE
La méthode
proposée par la HAS pour évaluer le service attendu ou rendu des
actes professionnels est fondée sur les données scientifiques identifiées
et l’avis de professionnels réunis dans un groupe de travail. Une
recherche documentaire sur la période 1998/décembre 2005 a été effectuée
par interrogation des principales bases de données bibliographiques
médicales
(Medline, la Cochrane Library, National
Guideline Clearinghouse et HTA Database).
155
documents ont été obtenus dont 26 ont été analysés.
RÉSULTATS
Littérature analysée
Indications :
- SAOS
légers voire modérés sans somnolence diurne ;
- SAOS
sévères et modérés symptomatiques quand le patient ne supporte pas la PPC
(pression positive continue par voie nasale) (encombrement, bruit,
claustrophobie, voyages, raisons sociales).
Efficacité :
APM
(appareil en propulsion mandibulaire) versus PPC (pression positive
continue) : 4 ECR et 1 revue Cochrane (13 ECR)
-
efficacité sur les variables polysomnographiques.
Une
réduction significative du IAH est observée dès l’initiation du traitement
avec la PPC et l’APM. Toutefois, l’efficacité de la PPC est
significativement plus élevée que celle des APM et elle persiste à long
terme tandis qu’elle diminue pour l’APM. La PPC est également plus
efficace pour améliorer la saturation artérielle en oxygène (p < 0,05) ;
-
efficacité sur les variables subjectives (symptômes et somnolence).
Une
amélioration supérieure de la somnolence diurne, de la qualité du sommeil
et des symptômes est observée avec la PPC versus APM (p < 0,01).
Efficacité
des APM
Les
résultats des études (5 ECR) mettent en évidence que les APM actifs
améliorent significativement les paramètres respiratoires et la qualité du
sommeil : réduction moyenne significative de l’IAH, et du nombre d’éveils
par nuit objectivée lors d’enregistrements nocturnes polysomnographiques
ainsi qu'une réduction du score ESS (score de somnolence d’Epworth).
La
saturation minimale en oxygène, l’intensité et la fréquence du ronflement,
la somnolence diurne étaient significativement améliorées avec les APM
actifs par rapport aux appareils contrôles inactifs (p < 0,001).
Les APM
étaient plus efficaces en associant une augmentation de la dimension
verticale à la propulsion mandibulaire. Il n’a pas été mis en évidence de
différence significative dans l’efficacité selon le degré d’avancement
mandibulaire (50 % versus 75 %) pour les IAH légers voire modérés
(2 ECR). Par contre, pour les SAOS sévères, l’efficacité du traitement en
termes de normalisation était significativement plus élevée (p =
0,04) dans le groupe d’avancée 75 % versus groupe d’avancée 50 %
avec respectivement 52 % de normalisation versus 31 %.
Le taux
d’efficacité moyen des appareils est estimé à environ 50 % chez des
patients avec un IAH léger voire modéré.
Sécurité :
Les effets
secondaires le plus fréquemment rencontrés dans les études (4 ECR) sont :
sécheresse buccale, sensibilité dentaire, articulaire et/ou musculaire et
hyper salivation. La perte de l’appareil pendant la nuit et l’aggravation
du bruxisme ont été également rapportées. L’observance au traitement a été
évaluée dans une étude prospective (n = 423) à 5 ans de suivi, la
moitié des patients seulement continuait à porter l’orthèse.
Des
modifications céphalométriques ont été rapportées à 1 an et 2 ans de
traitement (2 E rétro) : réductions significatives (p < 0,05) de
l’overjet, l’overbite et de l’angle incisives supérieures et plan
maxillaire ; rotation postérieure (- 0,4°) de la mandibule par rapport au
massif crânien (p < 0,01) ainsi qu’une modification de l’inclinaison des
incisives inférieures (+ 1,5°) par rapport au plan mandibulaire (p <
0,05).
Place
dans la stratégie thérapeutique ou diagnostique :
L’appareillage de propulsion mandibulaire peut être prescrit :
- en
première intention pour les SAOS légers voire modérés sans somnolence
diurne (1 reco grade A et 1 revue systématique) ;
- en
deuxième intention pour les SAOS sévères et modérés symptomatiques quand
le patient ne supporte pas la PPC. (encombrement, bruit, claustrophobie,
voyages, raisons sociales) (1 reco grade B et 1 revue Cochrane).
Impact
sur la santé de la population, le système de soins et les programmes de
santé
publique
:
Aucune donnée concernant l’impact de la pose d’un appareillage de
propulsion mandibulaire sur la population n’a été identifiée.
Avis du
groupe de travail
Population cible :
le groupe
de travail estime que les chiffres épidémiologiques sont sous-évalués vu
les progrès des techniques de diagnostic et seraient supérieurs aux
chiffres américains.
Efficacité
: le groupe est en accord avec les données de la
littérature.
Indications :
le groupe
est en accord avec les données de la littérature.
Sécurité :
le groupe souligne le pourcentage d’abandons significatif
pour l’appareillage. Des données suédoises indiquent qu’après 5 ans,
uniquement 50 % des patients portent encore leur orthèse. Le taux
d’abandons est toutefois comparable à celui observé avec la PPC et varie
bien sûr selon le type de prothèse utilisé (monobloc, bibloc, matériaux
souples ou rigides) et les conditions de mise en œuvre (expérience,
attention, disponibilité de l’équipe thérapeutique).
Conditions
d’exécution :
-
formation nécessaire : l’orthèse doit être prescrite, comme la PPC, par un
spécialiste du sommeil.
La
confection de l’orthèse doit être réalisée par un praticien ayant des
compétences concernant à la fois le sommeil et les dysfonctionnements de
l’appareil manducateur ; ce praticien doit être en contact avec un médecin
du sommeil qui est le prescripteur de l’orthèse.
-
environnement nécessaire : idéalement équipe pluridisciplinaire avec
prescripteurs et opérateurs : spécialiste du sommeil, ORL, pneumologue,
stomatologue, chirurgien-dentiste.
Techniques
alternatives :
la PPC est
une technique alternative à l’APM. Quand il existe une obstruction de
l’oropharynx, le groupe précise qu’une chirurgie oropharyngée peut être
proposée d’emblée. En présence de dysmorphose dentomaxillofaciale, le
recours à la chirurgie orthognathique est discuté.
Place dans
la stratégie thérapeutique :
l’orthèse
est une solution alternative intéressante à la PPC dans les cas de manque
de satisfaction ou de compliance. Le groupe souligne qu’elle peut être
également utilisée en alternance avec la PPC.
-
Proposition de modification de libellé : remplacer le mot prothèse par
orthèse.
CONCLUSION
Les
résultats des études mettent en évidence que les APM améliorent
significativement les paramètres respiratoires et la qualité du sommeil
par rapport à des appareils inactifs. Le taux d’efficacité moyen des
appareils est estimé à environ 50 % chez des patients avec un IAH léger
voire modéré.
Les
données de la littérature et l’avis du groupe de travail indiquent que
l’appareillage de propulsion mandibulaire réalisé sur mesure, peut être
prescrit pour les SAOS légers voire modérés sans somnolence diurne en
première intention et pour les SAOS sévères et modérés symptomatiques, en
deuxième intention quand le patient ne supporte pas la PPC (encombrement,
bruit, claustrophobie, voyages, raisons sociales).
Aucune
donnée concernant l’impact de la pose d’un appareillage de propulsion
mandibulaire sur la population n’a été identifiée.
Le service
attendu est considéré comme suffisant dans les indications retenues. Eu
égard à la gravité de la pathologie et au nombre de patients concernés :
ASA III
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