Apnée obstructive du sommeil: efficacité maintenue à un an des orthèses
d'avancée mandibulaire
LYON, 19 janvier 2009 (APM)
Les orthèses d'avancée mandibulaire semblent avoir une efficacité maintenue à un
an dans le traitement du syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS), selon
une étude du Collège des pneumologues des hôpitaux généraux (CPHG) dont les
résultats préliminaires ont été présentés dimanche au Congrès de pneumologie de
langue française (CPLF) à Lyon.
Les orthèses d'avancée mandibulaire ont une efficacité reconnue dans le
traitement du SAOS modéré mais les études cliniques sont cependant limitées,
portant le plus souvent sur un petit nombre de patients et les suivant pendant
quelques semaines ou mois, rappellent le Dr Antoine Geraads du CH d'Auxerre et
ses collègues dans un poster présenté en session de discussion d'affiches.
Le CPHG a donc entrepris en 2006 une étude prospective multicentrique visant à
mesurer subjectivement et objectivement l'efficacité et la tolérance des
orthèses à court et moyen termes.
Les chercheurs ont recruté entre juin 2006 et décembre 2007, dans 13 centres
hospitaliers (Antibes, Auxerre, Chevilly-Larue, Compiègne, Centre Edouard Rist à
Paris, Evreux, Grasse, Le Creusot, Le Havre, Pau, Quimper, Roubaix et Toulon),
129 adultes atteints d'un SAOS jamais traités, avec un indice de masse
corporelle (IMC) de 26,4 kg/m2 (en surpoids).
Dans chaque centre étaient présents un pneumologue, pour l'enregistrement
polygraphique, le diagnostic de SAOS et l'évaluation de l'efficacité, et un
odontologue -dentiste ou stomatologue- pour la prise en charge du traitement par
orthèse (empreintes, ajustement, titration de l'orthèse).
Les patients ont été traités par deux types d'orthèse selon le choix du centre,
l'une qui fonctionne en retenue mandibulaire (Artech Médical) et l'autre en
poussé mandibulaire (Narval).
L'étude s'est achevée en décembre 2008.
Les résultats indiquent que les deux types d'orthèse sont bien tolérés, avec une
durée moyenne de port de 6,5 nuits par semaine tout le long de l'étude et des
effets secondaires minimes, notamment un enraidissement de l'articulation
temporo-mandibulaire au réveil, indiquent les auteurs dans leur poster.
Les mesures subjectives et objectives du sommeil témoignent d'une efficacité des
orthèses sur le SAOS.
L'indice d'apnées-hypopnées (IAH) a baissé de manière significative, passant de
25 événements par heure en moyenne à 11 à trois mois de suivi et à 8 à un an,
soit une baisse de 66% à l'issue de l'étude.
Le score sur l'échelle de somnolence d'Epworth est passé de 11,2 points à
l'inclusion à 6,9 points à trois mois puis à 6,1 à un an et le score
d'endormissement sur une échelle visuelle analogique (EVA) est passé de 45
points à 26 points puis 19 points. La fatigue au réveil sur l'EVA était de
respectivement 65, 38 et 27 points.
La gêne du conjoint par rapport au ronflement a également diminué, avec un score
EVA de 74 points en début d'étude passant à 32 points à trois mois et 29 points
à un an.
Les niveaux d'efficacité étaient comparables pour les deux orthèses sur
l'ensemble des paramètres.
En examinant les résultats individuels pour 103 patients ayant eu un
enregistrement à trois mois, les chercheurs notent que le traitement par orthèse
a été un succès (baisse d'au moins 50% de l'IAH) pour 76 patients, avec un score
moyen passant de 26,6 à 5,6, mais un échec pour 27 patients, avec un score
passant de 25,7 à 25,3. Pour ces derniers, l'IAH a toutefois baissé à un an à
15,1 événements par heure.
EFFICACITE SUR LE SAOS SEVERE EGALEMENT
Les chercheurs ont par ailleurs examiné de plus près les résultats pour les
patients avec un SAOS sévère (IAH supérieur à 30) et il apparaît que les
orthèses apportent également une amélioration, avec notamment un IAH qui passe
de 40,6 à 9,1 à un an et un score d'Epworth de 12,8 à 6,2 points.
L'analyse des données n'a pas permis de mettre en évidence un facteur prédictif
de réponse au traitement.
Ces résultats montrent qu'un traitement initial par orthèse d'avancée
mandibulaire sur mesure est efficace et bien toléré chez des patients atteints
d'un SAOS sans obésité morbide et que cette efficacité se maintient voire
s'améliore avec le temps, concluent les chercheurs.
Cette étude est la plus grande ayant porté sur l'impact des orthèses d'avancée
mandibulaire dans le SAOS, à la connaissance du Dr Geraads, et elle suggère en
outre que cette approche thérapeutique est également efficace dans le SAOS
sévère.
Plusieurs spécialistes intervenant dans la prise en charge du SAOS avaient
exprimé en janvier 2007 auprès de l'APM leur souhait de voir l'assurance maladie
rembourser les orthèses d'avancée mandibulaire, après un avis favorable de la
Haute autorité de santé (HAS), rappelle-t-on (cf dépêche APM
LDKAP002).
L'assurance maladie ne l'envisageait alors pas mais le gouvernement y était
favorable (cf dépêche APM
CDKAT002).
Une première orthèse d'avancée mandibulaire a été inscrite sur la liste des
produits et prestations remboursables (LPPR), selon un arrêté du 28 octobre
2008. Il s'agit d'un dispositif de la société Narval qui est inscrit au
remboursement jusqu'au 1er décembre 2013 dans le traitement du SAOS sévère mais
en deuxième intention après refus ou intolérance d'un traitement par pression
positive continue (PPC).
ld/co/APM
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